Rime

07 juil. 2017
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Grey Box
  • Développeur Tequila works
  • Sortie initiale 26 mai 2017
  • Genres Action, Aventure, Plateformes, Réflexion

Bien plus riche qu'il n'y paraît

C'est toujours la même histoire avec les jeux dits "poétiques". Vous savez très bien que ça ne révolutionnera pas vos habitudes, que vous aurez affaire à tout sauf à un gameplay surprenant. Avec sa réalisation soignée, son approche si authentique et son ambiance assez magique, Rime vous emporte dans un univers qui tient plus de l'expérience que de l'aventure à proprement parler. Ce qui compte pour un joueur, c'est de ne pas s'ennuyer. Et ici, vous ne vous ennuierez pas. Alors, laissez-vous guider par la mélancolie de Rime. C'est beau, c'est frais, plutôt puissant et votre émotion finale sera probablement à la hauteur de vos attentes.

Avec un désintérêt successif de Microsoft et Sony, le moins que l'on puisse dire c'est que Rime aura connu un parcours atypique. Il en fallait bien plus pour décourager Tequila Works. Le deuxième projet de l'équipe espagnole - après le sympathique mais dépressif Deadlight - débarque enfin sur nos consoles. Êtes-vous prêts pour l'accostage ?

L'histoire

Faut-il s'appeler Robinson pour que l'échouage sur la plage d'une île déserte devienne une grande aventure humaine ? Ça, vous ne le savez pas encore puisque vous n'en êtes qu'aux toutes premières minutes de Rime. Tiens, un renard ! Faut-il le suivre ? Croiserez-vous aussi une rose plus tard, voire même un mouton ? Mystère. Tout aussi mystérieux que cette silhouette au loin. Cet humain vêtu d'une longe cape rouge semble vous indiquer un chemin. A priori, le suivre est pour vous la seule solution d'obtenir le fin mot de cette drôle d'histoire. À moins que ce ne soit celui de votre propre fin...

Si vous êtes habitué aux jeux "poétiques et philosophiques", Rime ne chamboulera pas vos repères. Au contraire, en parcourant cet univers, vous avez souvent l'impression d'être témoin d'un savant mélange de Journey, The Last Guardian, The Witness et Abzû. Les références pourraient être moins glorieuses. Tant mieux. Mais côté inspiration et surprise, vous resterez sans doute sur votre faim.

Ce renard ne se laissera pas approcher aussi facilement.

Le principe

Vous incarnez un enfant que vous déplacez vue à la troisième personne dans un environnement semi-ouvert. De l'exploration, un peu de grimpette et de plongée, un soupçon d’épreuves en temps limité et bien sûr pas mal d'énigmes, voilà la recette éprouvée qui vous est proposée par Rime. C'est efficace et plutôt joli à regarder. Sans compter qu'un cycle jour-nuit (parfois contrôlable) permet de donner un peu plus de relief au gameplay. Côté réflexion, vous ne butterez que rarement. À la fois parce que le fameux renard vous sert de fil d'Ariane, mais aussi grâce à un level design soigné.

Tout n'est pas si joyeux dans cette histoire aux tons pastels.

L'ambiance

Ce qui rend Rime unique, c'est son ambiance assez particulière. Sous ses tons pastels se cache autre chose qu'une naïveté lisse et sirupeuse : un message des plus profonds. Il va se dévoiler au fur et à mesure de votre progression. Par petites touches, le dénouement de l'intrigue se fait plus précis. "Et si ?" est la question que vous n'oserez pas vous poser... Les interludes entre chaque niveau, se déroulant sur un bateau bravant la tempête, sont d'ailleurs particulièrement forts et lourds de sens. Mais impossible de vous en dire plus sans vous gâcher votre propre expérience. Notez juste qu'une fois le jeu terminé, vous n'aurez qu'une envie : y rejouer pour encore mieux repérer les éléments qui annonçaient subtilement cette conclusion.

Pour appuyer son propos, Rime utilise une magnifique bande sonore composée par David Garcia Diaz, déjà sound designer sur Deadlight, précédente production de Tequila Works. Il travaille actuellement sur les musiques du jeu Hellblade.

Vous devrez grimper pour accéder à la vérité...

Pour qui ?

Si vous avez été séduits par des jeux tels que Journey, The Last Guardian et Abzû, il n'y a aucune raison que vous ne craquiez pas pour Rime. Vous aurez beau vous dire dans vos quelques moments de lucidité "c'est vraiment toujours la même histoire avec les jeux indés", l'intervention régulière du petit renard vous replacera immédiatement sur les rails si hypnotiques de la mélancolie. Autant en profiter sans broncher. Ne vous inquiétez pas, les autres, moins réceptifs aux ambiances poétiques, ne manqueront pas de le faire pour vous.

Cette silhouette à capuche détient sûrement un secret plus lourd que celui du Chaperon Rouge.

L'anecdote

Avant de devenir Rime, le jeu s'intitulait "Echoes of Siren". Le projet initial prévoyait même un monde totalement ouvert, ainsi qu'une gestion de la faim et la soif pour le héros. Finalement, Tequila Works a préféré réduire ses ambitions côté gameplay pour se concentrer sur une expérience plus émotionnelle.
Les Plus
  • Une montée en puissance émotionnelle très bien rendue
  • L'ambiance de premier choix
  • La musique magistralement mélancolique
  • Techniquement solide
  • On aimerait tous avoir un petit renard à suivre...
Les Moins
  • Un gameplay sans vraie surprise pour les habitués du genre