Odin Sphere : un mélange des genres réussi

24 avr. 2008
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Odin Sphere fait honneur à la fin de vie de la console de Sony. Vanillaware a osé le pari du mélange des genres, et malgré la répétition lors des combats, il est réussi. En injectant différentes possibilités dans le gameplay (la cuisine, l’alchimie, le gain d’expérience) et avec le destin de ces cinq personnages servant une même histoire, les développeurs arrivent à tenir les joueurs en haleine. Certes la difficulté d’Odin Sphere est élevée, même en facile, mais le jeu en vaut la chandelle. Avec des graphismes d’une finesse rare, une animation maîtrisée, des musiques enchanteresses, un gameplay old school, les développeurs ont assumé jusqu’au bout un parti pris artistique qui n’est malheureusement plus d’actualité sur les consoles de nouvelle génération. Ils ont tout de même réussi leur coup, avec Odin Sphere les joueurs tiennent un des derniers grands jeux de la PlayStation 2.

Vanillaware récidive ! Après GrimGrimoire, jeu de stratégie tout en 2D sorti en septembre dernier sur PlayStation 2, le studio japonais nous a concocté Odin Sphere. Edité par Atlus et distribué par Square-Enix, Odin Sphere a la particularité d’être entièrement en deux dimensions. Prenant le parti de se démarquer, Vanillaware mélange deux genres vidéoludiques que rien ne réunissait. Odin Sphere est donc un Beat them all / RPG, qui se dresse comme un dernier baroud d’honneur pour la PlayStation 2 en fin de carrière.

Gwendolyn manie avec brio la lance magique reçue des mains de sa sœur.

Un conte nordique de plus

Odin Sphere commence sur un champ de bataille. Griselda, fille ainée du seigneur Odin, meurt dans les bras de sa sœur cadette Gwendolyn. Avant de mourir, Griselda transmet à sa jeune sœur sa lance magique et c’est ainsi que Gwendolyn continue le combat. Plus qu’un combat, c’est une guerre qui fait rage. Une guerre entre le royaume de Ringford, dirigé par les fées et celui de Ragnanival, royaume d’Odin. Ce dernier veut récupérer un chaudron légendaire qui est capable de matérialiser des Psyphers : cristaux magiques d’une rare puissance. Si le scénario peut paraître de prime abord d’une banalité affligeante, il ne faut pas s’y fier. Odin Sphere narre une histoire complexe avec une intrigue prenante tout au long de l’aventure. Le jeu offre cinq points de vue différents sur une même histoire. En effet, vous allez jouer cinq personnages, certains étant des alliés d’autres des ennemis. La narration en est d’autant plus intéressante, chaque personnage ayant son histoire et un but, du fait que leur destin se voit entremêlé. Le jeu a d’ailleurs plusieurs embranchements possibles et des fins multiples.

Voici la carte du monde avec les différents lieux à explorer.

Prenez la prochaine sortie, direction le Boss

Après les scènes narratives, le jeu vous lance directement au cœur de l’action. Dans Odin Sphere, il existe six chapitres, un pour chaque personnage jouable plus un final. Les chapitres sont eux mêmes redécoupés en sous chapitres, qui vous mènent dans différents lieux et vous exposent de nouvelles scènes faisant avancer l’histoire. Dès que vous arrivez dans un nouvel endroit, théâtre de la guerre, vous avez une carte. Chaque carte est composée de plusieurs zones qui sont plus ou moins liées entre elles. Vous avez une zone de départ sur la carte et une zone finale où un boss vous attend. Mais vous n’êtes pas obligé de visiter chaque zone de la carte. Vous pouvez prendre le chemin le plus court et ainsi finir le sous chapitre en cours. Evidemment, si vous décidez de parcourir toutes les zones vous avez plus de chance d’augmenter les caractéristiques de votre personnage et d’acquérir de nouveaux objets. Les zones en elles même sont basiques : elles sont conçues comme des cercles où vous ne pouvez que tourner en rond. Comme dans les vieux jeux old school, c’est un défilement vertical qui vous attend, vous ne pouvez aller qu’à gauche ou a droite. Dans les zones, il existe une ou plusieurs sorties qui vous mènent vers une zone différente, à l’instar de Valkyrie Profile 2 : Silmeria.

Le premier Boss du jeu en impose et comparé à d'autres, ce n'est rien.

Combats acharnés

Pour pouvoir sortir d’une zone, il faut obligatoirement tuer tous les ennemis présents à l’écran. Une fois la chose faite, une note vous est attribuée (selon le temps utilisé, le nombre de combos effectués...). Plus la note est élevée, meilleure est la récompense. Il s'agit généralement d'objets qui vous servent très souvent lors des combats. Odin Sphere est d’une difficulté rare, mieux vaut d’ailleurs jouer en mode facile au début pour bien comprendre la mécanique du jeu. La difficulté est réglable à tout moment, ce qui évite de rester coincé sur un boss ou une zone spécifique. Les combats sont gérés comme dans un Beat them all. Une touche est ainsi attribuée à l’attaque, au saut et aux attaques spéciales. En plus, coté RPG oblige, une touche vous donne accès à votre inventaire d’objet. Inventaire qui est limité, et les objets ont une réelle importance au combat. Il ne faut pas hésiter à les utiliser et à en abuser pour survivre. Les combats et le penchant Beat them all du jeu donnent un coté répétitif à ce Odin Sphere qui est hardcore au vu de sa difficulté, ce qui risque d’en rebuter plus d’un. Les fans de RPG risquent aussi d’être perturbés, puisque les combats en eux même ne font pas évoluer le personnage, l’expérience se trouve ailleurs.

Ce personnage, au destin tragique, est un des plus intéressants à jouer.

Level up !

Autre particularité d’Odin Sphere : le gain de l’expérience. Il n’y a pas que le personnage contrôlé qui gagne de l’expérience : son arme en gagne aussi. Rien de bien neuf, mais la différence est qu’il va falloir choisir à chaque ennemi vaincu lequel des deux va gagner la dite expérience. Quelques explications s’imposent : quand un ennemi meurt, il relâche des Phozons. Ces derniers peuvent être absorbés par votre arme pour qu’elle augmente son niveau. Votre personnage ne gagne de l’expérience qu’en mangeant des aliments. Pour les obtenir, il vous faut trouver ou acheter des graines et les planter sur le champ de bataille, mais avant que les ennemis soient tués. Ce rituel est obligatoire puisque les plantes se nourrissent des Phozons pour grandir et vous donner des fruits. Ainsi, il vous faut donc jongler entre le gain de niveau du personnage et de son arme. Il est pourtant plus complexe d’augmenter le niveau du personnage, puisqu’il faut éviter les ennemis pour planter une graine, et les tuer près de la jeune pousse. Heureusement, les développeurs ont pensé à tout. Au fil de l’aventure, vous pouvez cuisiner des mets plus élaborés qui vous font gagner plus d’expérience. Il est aussi possible de jouer au petit alchimiste pour créer des objets plus efficaces lors des combats.

Pour augmenter le niveau d'un personnage plus facilement mieux vaut faire un tour en cuisine.

Une réalisation à couper le souffle

Odin Sphere est réalisé entièrement en 2D, mais que c’est beau ! Jamais des graphismes 2D n’ont atteint cette qualité. Les personnages sont grands, les décors sublimes et les Boss sont de pures merveilles prenant tout l’écran, comme dans les jeux à l’ancienne. L’animation n’est pas en reste : le vent dans les arbres, les habits de certains protagonistes ou les effets de fumée, Odin Sphere est plus que maîtrisé. Il arrive tout de même parfois qu’il y ait quelques ralentissements, mais ils restent anecdotiques au vu de la qualité du jeu. Quant aux musiques, de Hitoshi Sakamoto (déjà compositeur de celles de Vagrant Story et de Final Fantasy Tactics entre autres), elles sont sublimes. Toujours justes et collant merveilleusement à l’ambiance, vos tympans se délectent à chaque mélodie qu’Odin Sphere propose. Le scénario est plus profond qu’il n’y parait, offrant cinq histoires servant la même trame. La durée de vie est plus qu’honorable, surtout si vous désirez découvrir toutes les fins et finir le jeu en mode héroïque.
Les Plus
  • Des graphismes de toute beauté
  • Un mélange des genres, certes étrange, mais réussi
  • Le scénario et les fins multiples
  • Un gameplay maîtrisé
  • Des musiques magnifiques
  • Une durée de vie conséquente
  • Le jeu traduit en français et le choix du doublage anglais/japonais
Les Moins
  • Répétitif
  • La difficulté élevée
  • Quelques ralentissements