Wild Arms 5, l’adieu en fanfare

13 mai 2008
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Éditeur 505 Games
  • Développeur Media Vision
  • Sortie initiale 14 avril 2008
  • Genre Rôle

Avec son univers rafraichissant et son système de jeu bien au point, Wild Arms 5 est un jeu de rôle mitonné aux petits oignons. Le système de combat fonctionne bien, en ouvrant des stratégies intéressantes, l'exploration des environnements est motivante, les donjons présentent leur quota d'énigmes... Finalement, seul le scénario et les dialogues sont décevants, la faute à de grosses lenteurs et à un humour mordant qui ne passe pas toujours. Un bon titre sur PlayStation 2, en attendant le passage de la série sur une console de nouvelle génération.

C’est avec panache que Wild Arms fait ses adieux à la PlayStation 2. Pour fêter dignement son dixième anniversaire, la série s’offre un épisode qui reprend le meilleur des précédents volets. Tous les ressorts du jeu sont bien huilés, proposant une mécanique implacable : une véritable invitation à l’aventure qui séduira tous les fans du genre.

L'ambiance western tranche avec les autres RPG.

Comme avant

Si vous aimez les jeux de rôle à l’ancienne, vous aimez les Wild Arms. D’abord parce que leur mécanique de jeu est parfaitement rôdée : dialogues, donjons, explorations s’enchaînent merveilleusement bien. Ensuite parce que l’ambiance western est agréable et change vraiment de la fantasy ou de la science-fiction. Ce cinquième volet ne déroge pas à la règle, vu qu’il reprend le meilleur des épisodes précédents. Vous regrettiez l’absence de carte 3D pour les passages en extérieur ? Séchez vos larmes, c’est de nouveau au programme. Le système de combat améliore encore celui du précédent volet, et surtout le jeu est entièrement traduit en français... comme le tout premier Wild Arms en son temps. Un bonheur pour tous ceux que l’anglais rebute.

Les sorts affectent toutes les créatures présentes sur une même case.

Riche et bien pensé

Alors que la mode est aux jeux d’action ou aux combats simplifiés, Wild Arms 5 fait plaisir avec le retour du système HEX. Chaque zone de combat est divisée en hexagones sur lesquels il est possible de placer un ou plusieurs personnages. Les sorts de soin ou d’attaque portant sur un même hexagone, les placements deviennent vite un vrai casse-tête. Placer tous ses personnages sur un même hexagone permet de les soigner en même temps. Mais les disperser évite de subir de faire subir des dégâts à tous les personnages. Rassurez-vous, les ennemis sont confrontés au même problème ! Histoire de rendre le système encore plus passionnant, certains hexagones tiennent compte des magies à base de feu ou d’eau. A vous par conséquent d’investir puis de conserver les hexagones les plus intéressants.

Analysez les compétences de vos ennemis pour découvrir quels sorts utiliser.

Les donjons, du déjà vu

Pour briser la monotonie des combats, l’exploration des donjons propose quelques énigmes. Rien de bien compliqué puisqu’il faut déplacer des caisses, allumer ou éteindre des torches, jouer avec des objets invisibles... Les habitués de la série se retrouvent en terrain connu et risquent de bailler un peu, mais l’équilibre entre les combats, les énigmes et les dialogues fonctionne malgré tout très bien. L’amélioration des compétences fonctionne aussi à la perfection, en donnant envie de monter en puissance. Le système est assez souple pour permettre à chacun de personnaliser ses six héros, grâce à des artéfacts bien pensés. C’est véritablement là que Wild Arms 5 prend toute sa dimension, dans sa façon d’utiliser intelligemment des recettes bien connues. A la fois riche et cohérent, le gameplay devient vite tellement accrocheur que les heures de jeu défilent sans que le joueur s’en rende compte.

L'humour particulier crée une distance avec les héros et le genre tout entier.

Le talon d’Achille

Il reste toutefois une particularité qui va en séduire certains et en agacer d’autres. L’humour de Wild Arms 5 est très particulier, faisant sans cesse allusion soit aux codes du jeu de rôle, soit à d’autres jeux, avec une espèce de distanciation ironique qui dérape parfois. Prendre du recul par rapport à un genre, pourquoi pas. Mais le faire en insistant lourdement dessus, jusque dans les dialogues entre les personnages... c’est dommage. L’effet ruine l’immersion dans un monde gentillet et déjà caricatural, ce qui déstabilise fatalement. Le scénario met d’ailleurs du temps à décoller, les quêtes se suivant sans véritable fil directeur, avec des rebondissements un peu forcés. La durée de vie est costaude, une quarantaine d’heures environ, mais il faut accrocher plus pour les mécanismes bien huilés que pour le scénario et les dialogues un peu ratés. C’est là que Wild Arms 5 déçoit : il s’adresse avant tout aux puristes, à ceux qui aiment les jeux de rôle à l’ancienne, avec leurs qualités... et leurs défauts.
Les Plus
  • L'ambiance western
  • Le système de combat
Les Moins
  • Le scénario lambin, les dialogues
  • Des emplacements de sauvegarde mal placés